mercredi 10 septembre 2008
prise 276
alors là c'est encore plus court : quelqu'un a dû se planter, on s'arrête au bout de quatre secondes...
prise 275
troisième et dernier jour d'enregistrement, prise 275 : sortie de piste au bout de quelques secondes - Dieu, les micros et le directeur artistique, relié à celui-ci (et peut-être à celui-là, qui sait ?!), savent pourquoi. Les artistes devant les micros, non.
mardi 9 septembre 2008
"Ciel, je suis découvert !"
Ce sont les mots que chante Actéon quand, observant Diane et ses soeurs au bain, il est apreçu par la déesse, qui va le transformer en cerf. Tout ça dans Actéon, la pastorale de Marc-Antoine Charpentier.
C'était un secret de pacotille, mais le commentaire de monsieur Mambrino sur ma dernière note m'oute totalement : apparemment, tout le monde sait mon prénom (bien sûr, je le donne !) et mon nom... Secret de pacotille parce que monsieur LeHérisson avait levé il y a plusieurs mois un bout du voile, dieu et lui-même savent comment - monsieur Le Hérisson en avait parlé à monsieur Joss, qui lui-même en avait parlé à monsieur Andesmas qui m'en avait parlé.
Bref : je savais que j'avais été découvert. Mais là, par un inconnu qui, tombant sur ma chronique sur Bassani, se rend compte qu'il m'a entendu en concert, c'est tout de même surprenant. Comme quoi on n'est jamais très bien caché, même derrière son petit doigt.
Boh - rien de très grave, je ne dis ou ne fais rien ici qui soit prohibé ou qui puisse porter atteinte à quiconque dans ma profession, alors...
C'était un secret de pacotille, mais le commentaire de monsieur Mambrino sur ma dernière note m'oute totalement : apparemment, tout le monde sait mon prénom (bien sûr, je le donne !) et mon nom... Secret de pacotille parce que monsieur LeHérisson avait levé il y a plusieurs mois un bout du voile, dieu et lui-même savent comment - monsieur Le Hérisson en avait parlé à monsieur Joss, qui lui-même en avait parlé à monsieur Andesmas qui m'en avait parlé.
Bref : je savais que j'avais été découvert. Mais là, par un inconnu qui, tombant sur ma chronique sur Bassani, se rend compte qu'il m'a entendu en concert, c'est tout de même surprenant. Comme quoi on n'est jamais très bien caché, même derrière son petit doigt.
Boh - rien de très grave, je ne dis ou ne fais rien ici qui soit prohibé ou qui puisse porter atteinte à quiconque dans ma profession, alors...
samedi 6 septembre 2008
Le Roman de Ferrare
Qui aime les livres et ne connaît pas Les Cahiers de Colette, rue Rambuteau à Paris, rate quelque chose : une des belles librairies de Paris, avec une cheftaine libraire (très) haute en couleurs, et surtout un lieu où les vendeurs connaissent les livres et savent donc ce qu'ils ont à vous vendre, prenant même le temps de le faire - une perle, quoi...
C'est donc Colette qui, un jour d'errance livresque, me voyant tiquer sur ce gros livre (que ce soit dit : j'adore les gros livres, même si je mets ensuite des semaines à les lire...), me demande si je connais. Devant ma réponse négative, elle me le colle quasiment dans les mains, me disant "vous allez adorer". Deux ans bientôt que ce gros Quarto Gallimard veillait sur l'étagère des "non lus" (et de ce fait non classés) de ma bibliothèque, m'invitant au phantasme.
Devant le planning de l'été, j'ai décidé que l'heure était venue de m'y plonger avec délices - et c'est Colette qui avait raison : ce gros livre est tout simplement fabuleux.
Ce gros livre, c'est Le Roman de Ferrare de Giorgio Bassani, une sorte de Recherche du Ferrare perdu... C'est une somme à plusieurs titres : déjà parce que ça fait plus de 700 pages en grand format écrit bien petit, et surtout parce que Bassani y a réuni toute sa production en prose (c'était un très grand poète), soit six textes de forme et de nature très différentes avec un personnage central : la ville de Ferrare. Pas celle du temps de la splendeur de la cour d'Este : celle du XXème siècle, avant et après la grande fracture du fascisme et de la persécution des juifs.
Six textes : deux recueils de nouvelles, trois romans courts et un roman plus long, le plus célèbre de son auteur : Le Jardin des Finzi-Contini. Si les formes changent, perdure une prose absolument magnifique, complexe et exigeante, mais terriblement enivrante - et passionnante. Certains textes sont, par leur brièveté, claquants comme des gifles (Derrière la porte, terrifiante nouvelle semble-t-il autobiographique...) ou d'autres, s'inspirant du Nouveau Roman français (Le Héron), nous laissent dériver dans le malaise.
On peut lire Le Roman de Ferrare en continu ou en fragments (encore que je ne sais pas si chaque texte est publié séparément) : les textes ne sont ni chronologiques ni consécutifs, pas même dans la fausse autobiographie, à la première personne, que constituent les second, troisième et quatrième volumes - un personnage est évoqué d'un roman à un autre, mais souvent en manière d'anecdote plus que de référence. La lecture au long cours de ce Roman (dans cette magnifique édition de semi-poche, Quarto Gallimard : la couverture est belle et solide, la typographie belle et on peut, du fait de la reliure souple et de l'épaisseur du volume, lire à livre ouvert, sans tenir les pages) offre cependant une plongée dans une écriture magnifique, des textes très forts et donne, tout simplement, envie de se rendre à Ferrare.
Giorgio Bassani, Le Roman de Ferrare, Quarto Gallimard ; 752 pages, 25€.
C'est donc Colette qui, un jour d'errance livresque, me voyant tiquer sur ce gros livre (que ce soit dit : j'adore les gros livres, même si je mets ensuite des semaines à les lire...), me demande si je connais. Devant ma réponse négative, elle me le colle quasiment dans les mains, me disant "vous allez adorer". Deux ans bientôt que ce gros Quarto Gallimard veillait sur l'étagère des "non lus" (et de ce fait non classés) de ma bibliothèque, m'invitant au phantasme.
Devant le planning de l'été, j'ai décidé que l'heure était venue de m'y plonger avec délices - et c'est Colette qui avait raison : ce gros livre est tout simplement fabuleux.
Ce gros livre, c'est Le Roman de Ferrare de Giorgio Bassani, une sorte de Recherche du Ferrare perdu... C'est une somme à plusieurs titres : déjà parce que ça fait plus de 700 pages en grand format écrit bien petit, et surtout parce que Bassani y a réuni toute sa production en prose (c'était un très grand poète), soit six textes de forme et de nature très différentes avec un personnage central : la ville de Ferrare. Pas celle du temps de la splendeur de la cour d'Este : celle du XXème siècle, avant et après la grande fracture du fascisme et de la persécution des juifs.
Six textes : deux recueils de nouvelles, trois romans courts et un roman plus long, le plus célèbre de son auteur : Le Jardin des Finzi-Contini. Si les formes changent, perdure une prose absolument magnifique, complexe et exigeante, mais terriblement enivrante - et passionnante. Certains textes sont, par leur brièveté, claquants comme des gifles (Derrière la porte, terrifiante nouvelle semble-t-il autobiographique...) ou d'autres, s'inspirant du Nouveau Roman français (Le Héron), nous laissent dériver dans le malaise.
On peut lire Le Roman de Ferrare en continu ou en fragments (encore que je ne sais pas si chaque texte est publié séparément) : les textes ne sont ni chronologiques ni consécutifs, pas même dans la fausse autobiographie, à la première personne, que constituent les second, troisième et quatrième volumes - un personnage est évoqué d'un roman à un autre, mais souvent en manière d'anecdote plus que de référence. La lecture au long cours de ce Roman (dans cette magnifique édition de semi-poche, Quarto Gallimard : la couverture est belle et solide, la typographie belle et on peut, du fait de la reliure souple et de l'épaisseur du volume, lire à livre ouvert, sans tenir les pages) offre cependant une plongée dans une écriture magnifique, des textes très forts et donne, tout simplement, envie de se rendre à Ferrare.
Giorgio Bassani, Le Roman de Ferrare, Quarto Gallimard ; 752 pages, 25€.
vendredi 5 septembre 2008
retrouvailles mauriaciennes
Je suis un grand lecteur et, partant, j'achète beaucoup de livres. Mais je déteste abîmer mes livres et, du coup, je déteste acheter des livres abîmés : c'est donc rarissime que j'achète des livres d'occasion.
C'est pourtant ce qui m'est arrivé il y a une dizaine de jours à Toulouse : sur un marché, un livre m'a tendu les mains et m'a dit "achète-moi". Je l'ai fait. C'était rien d'autre qu'un petit livre de poche, édition que je n'aime pas beaucoup d'habitude - mais son odeur de vieux livre et de bibliothèque s'accordait bien avec le nom de son auteur : François Mauriac, qui sent lui-même beaucoup la vieille bibliothèque...
Il faut dire que pendant mes études de Lettres, j'ai étudié deux années de suite Mauriac, avec un prof dont les cours étaient prêts depuis 10 ou 15 ans, et qui ne faisait même pas semblant de les adapter. Bernard Chochon s'appelait l'inénarrable, et sous sa conduite, Mauriac avait tout d'un vieux catho verbeux.
C'est donc fort surpris que j'ai acheté La Fin de la Nuit, de François Mauriac, dans une édition du Lirve de Poche datée de 1963. Un joli livre avec une tête de femme peinte sur la couverture, et dans la couverture duquel il est écrit "le Livre de Poche paraît toutes les semaines".
Il paraît que ce livre était une manière de suite à Thérèse Desqueyroux, autre roman mauriacien qu'il me semblait bien avoir lu - mais il y a tellement longtemps que je suis allé chez le bouquiniste le plus proche pour l'acheter et le relire (l'expérience prouvera que je l'avais déjà, survivance d'une autre époque où, visiblement, j'avais déjà bien aimé ce texte).
Eh bien voilà, que ce soit dit : Bernard Chochon, acceptez mes plus plates excuses : François Mauriac n'est pas le vieux con verbeux que vous nous avez présenté. Il est au contraire, dans Thérèse Desqueyroux, un magnifique compositeur d'intrigue (Thérèse, qui n'a pas été reconnue coupable de l'empoisonnement de son mari, prépare dans la voiture qui la ramène vers celui-ci son explication, et sa défense) et, dans La Fin de la Nuit, où l'on retrouve une Thérèse vieillie et mourante en prise avec les dernières affres de la passion amoureuse, un très fin observateur de l'âme humaine.
Ni ici ni là aucun Dieu salvateur, aucun vieux christianisme ranci (il me souvient d'un Mystère Frontenac particulièrement pénible à ce sujet...) - mais au contraire une prose d'une limpidité et d'une beauté vraiment remarquable. Je suis heureux d'avoir renoué avec François Mauriac, et j'ai hâte de me replonger dans d'autres de ses romans.
Tout ça grâce à un vieux Livre de Poche acheté sur un marché toulousain un matin d'enregistrement...
C'est pourtant ce qui m'est arrivé il y a une dizaine de jours à Toulouse : sur un marché, un livre m'a tendu les mains et m'a dit "achète-moi". Je l'ai fait. C'était rien d'autre qu'un petit livre de poche, édition que je n'aime pas beaucoup d'habitude - mais son odeur de vieux livre et de bibliothèque s'accordait bien avec le nom de son auteur : François Mauriac, qui sent lui-même beaucoup la vieille bibliothèque...
Il faut dire que pendant mes études de Lettres, j'ai étudié deux années de suite Mauriac, avec un prof dont les cours étaient prêts depuis 10 ou 15 ans, et qui ne faisait même pas semblant de les adapter. Bernard Chochon s'appelait l'inénarrable, et sous sa conduite, Mauriac avait tout d'un vieux catho verbeux.
C'est donc fort surpris que j'ai acheté La Fin de la Nuit, de François Mauriac, dans une édition du Lirve de Poche datée de 1963. Un joli livre avec une tête de femme peinte sur la couverture, et dans la couverture duquel il est écrit "le Livre de Poche paraît toutes les semaines".
Il paraît que ce livre était une manière de suite à Thérèse Desqueyroux, autre roman mauriacien qu'il me semblait bien avoir lu - mais il y a tellement longtemps que je suis allé chez le bouquiniste le plus proche pour l'acheter et le relire (l'expérience prouvera que je l'avais déjà, survivance d'une autre époque où, visiblement, j'avais déjà bien aimé ce texte).
Eh bien voilà, que ce soit dit : Bernard Chochon, acceptez mes plus plates excuses : François Mauriac n'est pas le vieux con verbeux que vous nous avez présenté. Il est au contraire, dans Thérèse Desqueyroux, un magnifique compositeur d'intrigue (Thérèse, qui n'a pas été reconnue coupable de l'empoisonnement de son mari, prépare dans la voiture qui la ramène vers celui-ci son explication, et sa défense) et, dans La Fin de la Nuit, où l'on retrouve une Thérèse vieillie et mourante en prise avec les dernières affres de la passion amoureuse, un très fin observateur de l'âme humaine.
Ni ici ni là aucun Dieu salvateur, aucun vieux christianisme ranci (il me souvient d'un Mystère Frontenac particulièrement pénible à ce sujet...) - mais au contraire une prose d'une limpidité et d'une beauté vraiment remarquable. Je suis heureux d'avoir renoué avec François Mauriac, et j'ai hâte de me replonger dans d'autres de ses romans.
Tout ça grâce à un vieux Livre de Poche acheté sur un marché toulousain un matin d'enregistrement...
mardi 2 septembre 2008
le grand saut


C'était le 23 août, vers 16 heures : je finissais de faire ma voix avant de partir pour le raccord et le concert. Quand je suis à l'hôtel, je fais ça la télé allumée - sans le son, mais avec l'image.
Et, quel bonheur - voilà que je tombe en direct sur l'épreuve du plongeon masculin. S'avance un concurrent ; il plonge et il sort, pleurant de joie et embrassant tout le monde : ce petit mec venait de devenir champion olympique, à la surprise générale semble-t-il (oui : le sport pour moi c'est surtout esthétique...). 4 secondes plus tard tout était différent.
Matthew Mitcham il s'appelle le beau bébé, et je viens de découvrir qu'il est ouvertement gay. Bon. Je garde surtout de lui l'image d'un magnifique garçon tellement concentré avant son saut, de ses larmes ensuite - et de l'envie que beaucoup ont dû ressentir comme moi : de le prendre dans mes bras.
lundi 1 septembre 2008
un été de Lapin
alors voilà : il paraît que la saison estivale est terminée, que septembre est arrivé...
L'heure d'un petit bilan rigolo d'un été de Lapin Chantant -
du 1er juillet au 31 août j'ai :
- donné 12 concerts
- enregistré 2 disques
- eu 18 jours de répétitions pour tout ça
- voyagé 94 heures, en train ou en bus
- dormi dans 24 endroits différents et
- passé seulement 12 nuits à Paris
- pris 15 jours de vacances
- lu 11 livres
- regardé 54 épisodes de Scrubs en DVD (pendant les pauses, c'est super)
de quoi nourrir plusieurs billets à venir, - puisque je suis à Paris pour quelques jours, vu que je me suis fait virer d'une production : to be continued !
L'heure d'un petit bilan rigolo d'un été de Lapin Chantant -
du 1er juillet au 31 août j'ai :
- donné 12 concerts
- enregistré 2 disques
- eu 18 jours de répétitions pour tout ça
- voyagé 94 heures, en train ou en bus
- dormi dans 24 endroits différents et
- passé seulement 12 nuits à Paris
- pris 15 jours de vacances
- lu 11 livres
- regardé 54 épisodes de Scrubs en DVD (pendant les pauses, c'est super)
de quoi nourrir plusieurs billets à venir, - puisque je suis à Paris pour quelques jours, vu que je me suis fait virer d'une production : to be continued !
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